Juillet 1972, migration bretonne, estivale et familiale. Une oasis enfin après neuf mois d'enfer à l'internat. Y revoir Joël, peut-être ? La Chambord bleue avale le trajet dans un long ennui. Une station-service offre des cadeaux avec les points-essence. Je choisis Relics. Arnold Layne. Premier choc.
Août
76, du haut de mes 15 ans, Marseille me sourit. Dans la salle obscure
d'un cinéma de la Canebière, un vieil Arabe se penche sur ma braguette.
En sortant, il me paie Wish You Were Here. Je plane.
Mars 77, voyage scolaire
à Londres. Faire mentir cette rumeur insistante... Dans un soupir
résigné, ma main vierge affronte les seins de cette gentille fille. A
Londres, elle me fait un cadeau : Animals, tout chaud dans les bacs !
Décembre 1980, le froid me fige dans Lille. Ma vie se glace dans ce parc blanchi, à la recherche des ombres de mes frères égarés, comme moi apeurés. La violence des mots, des regards, des insultes, trouvent leur écho dans l'écrasante beauté d'un Hey You ou d'un Comfortably Numb. The Wall.
Avril
1984, déprime totale. Tout le monde est parti. Vieillir m'effraie,
vivre me tétanise, mourir m'épouvante. A l'abri du monde, derrière des
lunettes de glacier. Final cut ?
"Button your lip don't let the shield slip
Take a fresh grip on your bullet proof mask
And if they try to break down your disguise with their questions
You can hide hide hide
Behind paranoid eyes"
Paranoid Eyes, Pink Floyd sur l'album The Final Cut
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