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dimanche 2 mars 2014

08 - 35.2

ombre




Pas une température corporelle exprimée en Celsius. Pas plus que, le matin, un jeu de mots sur le titre du film de J.J. Beineix datant de 1986. Nous sommes bien en 2014. Cette valeur absolue comptabilise juste le nombre d'êtres humains "vivant" avec le V.I.H. dans le monde : 35,2 millions de personnes.







Ce nombre est donné par Onusida* (cliquez sur ce lien).

vendredi 9 novembre 2012

06 – Origines (1)

mangabey enfumé ou sooty mang.La rumeur populaire en riait jaune depuis le début de la pandémie : en 1985, des chercheurs découvrent des similitudes entre le SIV (pour Virus d'Immunodéficience Simienne) du mangabey enfumé et le VIH-2. Ce SIVsmm (2) se répand sur les mêmes territoires africains que le VIH-2.
En 1989, l'IRD (3) trouve, chez un chimpanzé, au Gabon, la preuve d'une similitude entre un SIV et le VIH-1. C'est la première. La seconde arrive en 2006 où des traces de virus sont repérées chez d'autres chimpanzés porteurs du SIVcpz (proche Chimpanzedes VIH-1N et VIH-1M) et chez certains gorilles, eux porteurs du SIVgor (similaires au VIH-1O et VIH-1P). Certains raisonnements sont encore débattus entre les chercheurs quant aux caractères similaires des SIVgor et des VIH-1.

Suite à des études sur ces SIV (40 lignées différentes chez 45 espèces de singes africains ont été comptabilisées à ce jour), on estime ce virus simiesque vieux de 600 ans pour le chimpanzé et d'au moins 32000 ans chez d'autres petits singes. Une très longue cohabitation entre deux espèces vivantes. Une très longue évolution aussi qui a sans doute favorisé les recombinaisons.
La grande différence entre les SIV et le VIH est que les singes sont « porteurs sains » de leur SIV. La recherche des causes ne fait que débuter mais on possède déjà certains indices : des protéines spécifiques (la téthérine) empêcheraient la multiplication du virus. Bien-sûr, le virus a développé des protéines (NEF et VPU)(4) capables de contourner voire d'annihiler l'action de cette téthérine. Le groupe VIH-1M est le seul à posséder cette VPU ce qui expliquerait pourquoi il s'est répandu plus aisément que les autres VIH.
carte origines vih1
Ce document est reproduit sans autorisation spécifique. Extrait su site JLE  



(1) Les notions exposées dans cet article sont issus de divers articles parus dans Transversal n°60 de septembre-octobre 2011. Ici repris grâce à l'aimable autorisation de Neijma Lechevallier, rédactrice en chef.
(2) SIVsmm = Sooty Mangabey's SIV (SIVcpz = Chimpanzee's SIV)
(3) IRD = Institut de Recherche et du Développement. Ici celui de Montpellier où travaillaient comme chercheurs Martine Peeters et Eric Delaporte.
(4) NEF = NEgative regulatory Factor et VPU = Viral Protein U (ces notions sont tirées du site Cours d'immunologie PCEM2 de Anne Decoster et Jean-Claude Lemahieu

Comment passer de l'Animal à l'Homme ? Ce sera l'objet de l'article suivant : « 07 - Passages ».

jeudi 8 novembre 2012

05 – Multitudes

Le virus se réplique pour survivre. Or, la rétrotranscriptase du VIH (le processus de copie de son génome) ne « vérifie » pas ses copies et les erreurs de réplication sont nombreuses. Tous ces virus mal répliqués sont autant de variations possibles de leur espèce. Tous ne survivront pas : les moins aptes s'éliminent par leur incapacité à se reproduire. Les autres variants survivent, reproduisent leurs variations qui engendreront à leur tour des erreurs et des conformes variés...etc... etc...
Donc impossible de ne voir qu'un seul virus. A force de se multiplier – chez l'Animal d'abord puis chez l'Homme – le VIH est devenu multiforme. Actuellement, on distingue deux groupes de VIH sur la planète : le VIH-1 et le VIH-2.
Chacun se divise en sous-groupes. 4 pour le VIH-1 : les M-O-N et P et 8 pour le VIH-2 (de A à H).
Le VIH-1 M est tenu pour responsable de la pandémie (Major group). Il se diversifie en 9 sous-types (de A à K) et est capable de se développer sous 49 formes recombinantes (désignées CRF01-CRF49). Les virus du VIH se répandent en zones géographiques, selon les facteurs de transmissions locaux. D'où l'absolue nécessité pour un séropositif traité de ne pas rencontrer un autre virus du VIH, sous peine d'une possible recombinaison et donc d'une inefficacité du traitement.


GROUPE M
groupe O

A
B
C
D
E
F
G
H

Europe occidentale

+






France +
Russie






+


Roumanie





+



Afrique
+
+
+
+
+
+
+
+
+
États-Unis

+







Amérique du Sud

+
+






Asie : 
 Chine
Inde
Thaïlande
Taiwan





+

+
+
+




+





Le pr Luc Montagnier et sa collegue Françoise Barre-Sinoussi dans leur laboratoire de l'institut Pa
Comprendre que cet organisme vivant possède des formes variées (et variables, hélas), c'est admettre qu'il n'est pas nouveau. Identifié en 1983 comme tel, le VIH est un vieux briscard qui bataille depuis au moins de 32 000 ans pour sa survie !









                                                                                                                           Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi à l'institut Pasteur dans les années 80                                                                   
[à suivre, un billet sur les origines du virus]

mercredi 7 novembre 2012

04 – Evolutions

La contamination se fait exclusivement par le sang et le sperme. Le principal véhicule du virus est le lymphocyte T4 (avec protéine CD4) puisque ce dernier est le seul à reconnaître le virus (cf. 03). Ces T4 sont partout en immenses quantités dans le sang et le sperme.
Les lymphocytes T8 (avec protéine CD8) cytotoxiques sont des lymphocytes qui sont chargés de détruire toute cellule contaminée par un virus avant que celui-ci n'ait pu l'utiliser pour se répliquer.
Lors de la période de la primo-infection, les T4 reçoivent une information qui leur dit : « attention danger ». Ils mettent en marche les T8 qui viennent détruire les cellules infectées. Du coup, le taux de virus baisse.
Mais le VIH est un vieux malin : il a appris à s'adapter. Et il sait faire ça très vite : si lundi il est seul, mardi, il s'est copié 10.000 fois. Mercredi, ils seront 100.000.000 (soit 10.000*10.000)... etc..etc... Il va donc multiplier ET modifier ses copies. Cela lui permet de submerger les T4 et de les tromper. Les T4 vont donc diminuer lentement (car le VIH finit par tuer les cellules dont il s'est servi pour se reproduire). Du coup, les T8 perdent de leur efficacité en ayant moins de T4 pour les informer d'un danger.
En plus d'être des retrovirus, les VIH, sont aussi des lentivirus : ils déclenchent des maladies à évolution lente (et non pas foudroyante). Selon les personnes, l'infection est plus ou moins rapide. Les trois phases habituellement décrites sont des indications.
courbe_3

03 – Entrées

vih1Le virus VIH est composé de deux brins d'ARN. Se reproduire exige de l'ADN ? Le VIH doit donc absolument trouver une cellule-hôte. Encore doit-il être admis à rentrer dedans ! Pour cela, il doit trouver une clé.
Son sésame : la protéine GP120. Seule la protéine cd4 des phagocytes et lymphocytes T4 la reconnait. Le virus parvient donc, « grâce à » cette combinaison, à se fixer à la membrane de la cellule. A l'ouvrir, en quelque sorte.



hiv1 


Une fois entré, le virus va libérer dans la cellule son ARN et une enzyme : la transcriptase. Il doit encore entrer dans le noyau : cette enzyme transcriptase inverse va transformer l'ARN du virus en « faux ADN ». Cet ADN proviral va pouvoir entrer dans le noyau de la cellule et se combiner à l'ADN de la cellule : c'est l'intégrase.

arv2

mardi 6 novembre 2012

02 - Définitions

def

Virus, -i : mot latin signifiant suc, humeur mais aussi poison, venin.

Cellula, -ae : mot latin signifiant petite chambre de moine. La cellule est considérée comme unité fonctionnelle et reproductrice d'une partie (ou d'une totalité) d'organisme vivant.

ADN et ARN sont des molécules dont se servent les cellules pour se reproduire à l'identique.

Phagocytes et lymphocytes T4 : cellules du système immunitaire. Les unes détruisent les éléments étrangers, les autres régulent les réponses immunitaires.

Protéines : chaînes d'acides aminés qui permettent aux fonctions cellulaires d'être assurées.
cellule-virus-vih

lundi 5 novembre 2012

01 - Relais

relais2
Servir, certes. Une cause, une idée. Par les mots. Permettre aux notions de parer les émotions. Comprendre les choses éviterait l'absurde ? Parions-le !
lire
Ici, chasser les zones d'ombre. L'espoir que la connaissance soit un bon remède contre les idioties ? Oui mais aussi tenter d'éloigner les angoisses. Les miennes et celles de certains autres.
Ni auteur, ni découvreur, ni penseur de quoi que ce soit. Juste lecteur. Modeste vulgarisateur. Ne rien imaginer. Juste relayer.
relais3