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mardi 28 octobre 2014

11 - Boomerang (partie 5/5 : chut ! )

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En cette fin d’août 2014, les mots de Malik surgissent du passé tels des corps de l'épais brouillard d'un vestiaire : ils me distraient d’un présent atone, m’étonnent aussi. Sur ses raisons, Malik se tait. Mais ce silence me sied.


silouette 





Telle la courbe d’un boomerang, une course débutée en 1990 semble s’éteindre. Che-Nen, Bruno, Malik, moi…Le boomerang est une arme mortelle pour qui en connait l’usage. Tels les mots et les souvenirs.


chut 








Seuls survivants d’un âge oublié, nos vies se croisent à nouveau. Nos mots parviendront-ils à tisser les liens d’une amitié renouvelée ? Vague envie. Mais chut ! Il doit tout ignorer de son importance à mes yeux !

samedi 13 septembre 2014

10 - Boomerang (partie 4/5 : exil)

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Malik, enfant d’un soir plein de désirs et de promesses, s’envisage soudain tel un serment. Mais ce soir-là, trop de tristesses nous écartent. Lui, plein d’un deuil chrétien (je ne le saurais que plus tard). Moi, orphelin de Che-Nen. A peine ouvert, le livre se referme.










extase

Le bonheur atteint ce soir-là éclabousse. A nos yeux invisible, intolérable aux autres. Leur décision irrévocable : ce bonheur doit périr. Me concernant, Bruno s’attèlera à cette tâche avec une féroce obstination.
Ainsi mon roi s’exile-t-il. Evanoui, pleuré, jamais vraiment oublié. D’autres, aux mêmes traits maghrébins, toujours plus nombreux, jamais ne sauront combler ce vide.
rage

samedi 6 septembre 2014

09 - Boomerang (partie 3/5 : le roi nu )

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Malik* ? Une idée d’abord, envisageable. En vain chercherait-on une explication… Pour le moins, une cause, sa conséquence ? En vain. Le bruyant garçon du café, en deux ans, est devenu un prince.






fumee


Au cœur de cette nuit-là, nus, nos envies se mêlent. Malik, allongé, un songe et moi sur lui, une chimère, disloqué. Ses muscles juvéniles ondulent sa peau duveteuse. Mon roi, nu, m’enveloppe de la myrrhe, de ses encens. Mon roi, nu, m’emplit.

*Malik, en Arabe, est celui qui possède, le roi. 

jeudi 4 septembre 2014

08 - Boomerang (partie 2/5 : premiers pas)


impossible






Après cet épisode du Mabuse*, ma chronologie se brouille. Che-Nen, parti sur Lille pour ses études, m'a tué. Et mon errance commence là. Un an ou deux ans après, vers 1992, le garçon du café réapparait, dans le sillage de Bruno**. Inattendu. 
 




honte






Ce parking se situe juste à l'aplomb de la rencontre avec Che-Nen. Il en était devenu comme un autel où je venais parfois prier. Ce samedi-là, le garçon est là. Il m'attend ? S'approche de la voiture, tente de me parler... Phagocyté par Che-Nen, les mots me manquent. Terrorisé, fuir me rassure. Dans mon rétroviseur, il avait l’air si malheureux…Est-ce que je le vois bien tenter de me rattraper ? La vitre entr’ouverte me fait entendre quelques mots que je distingue mal.
A peine éloigné de sa vue, une honte m’étreint. Méprisable je suis devenu. Parmi les misérables.

* Le Mabuse est l’ancien nom d’un café de Maubeuge.
** Cliquez sur le mot pour des précisions.

dimanche 31 août 2014

07 - Boomerang (partie 1/5 : mars 1991)


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Un éclat de rire juvénile émiette ma concentration. Che-Nen alors hantait mes jours. Dans ce café, un matin, venu me reposer l’esprit, une bande de lycéens bruyants commence sa journée. Cette bonne humeur m’agace un peu, alourdi par mes déjà trente ans.





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Au milieu d’eux, un se distingue. Il me regarde souvent. Est-ce de l’envie qui se lit dans ses yeux ? Cette envie me touche-t-elle ? Possible. Mais Che-Nen, gardien fidèle, lui interdit le passage et tente de dissimuler mon trouble. Lui trouver des défauts me parait être la meilleure des armes contre.
Son rire androgyne, ses traits précieux, ces midinettes admiratives autour de lui, l’insolence de sa jeunesse. Ses dix-sept ans m’agressent. Tout cela m’exaspère. Enfin, je peux l’oublier.

lundi 25 août 2014

06 - Bââdaboum

Bââdaboum ! Bigbadaboum ! Sur sa bouille orangée, sont gravés l’effroi et l’angoisse, la surprise. Ainsi Leeloominaï Lekatariba Lamina-Tchaï Ekbat De Sebat résume-t-elle sa chute sur Terre. Boum ! Bââdaboum ! Bigbadaboum !
 


 

Ce mardi 19 août, restaurant. Elégant, attirant. Courtisé, je succombe à sa parole, aux miroirs de ses mots. Les perspectives ainsi offertes me poussent à n’être que moi. 


Qu’a-t-il dit en partant ? Que « un coup de cul ne méritait pas un tel risque », c’est ça ? Marmonné, là, sur le seuil de la porte. Petit tas de boue humaine ridicule de misère.



 


 Bââdaboum ! Bigbadaboum ! Boum ! Bââdaboum ! Bigbadaboum ! Le monde est donc revenu à sa part absurde, brouillé par mes larmes. Mais à quoi bon puisqu’elles ne font pas s’enfuir mon mogwaï (*) ?



(*) Cliquez sur le mot pour plus de détails.

05 - Volupté

Que me chuchote-t-il donc à l'oreille ? Qu'il m'aime. Que rien ne nous séparera désormais. La douceur de ses mots achève de me convaincre. Alors une de ces très belles voluptés m'enveloppe. Une rare. De celles qui savent me protéger tout en m'exposant. Un océan de douceurs dans lequel je peux être, enfin, libre. Libre de mes émotions.

lundi 11 août 2014

04 - Ivresse

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La rencontre a été si inattendue, imprévisible... Depuis quelques semaines, mon corps est en état d’apesanteur, ivre de son bonheur.
Tant d'êtres adulés me manquent à qui j'aurais aimé hurler mon bonheur de l'avoir enfin rencontré. Avec lui, grâce à lui, pour lui : me détacher de ces fantômes à jamais. Et tituber de joie.

samedi 9 août 2014

03 - Camisole

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Tous sont partis. Lui tout à son choix de vie. L’autre pour une fille. Celui-ci pour un meilleur salaire. Cet autre, rappelé à l’univers. L’un par dégoût, même. D’autres – beaucoup, hélas, mais ça étonnera qui ? – endettés.


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Soucieuse de ma mise, la solitude me maquille. Prend soin de ma personne fragile. Me vêt. M’isole. Me tatoue dans le dos des paroles préventives. Ce calme m’isole. Involontaire camisole.

lundi 30 juin 2014

02 - Enfers

ombreDe toute façon, j’irai en enfer…déjà parce que je fais ça avec des hommes.


Sa longue absence de deux semaines m’avait fait vivre un enfer. Dix-sept jours d’un enfer païen, ma propre image consumée : il ne m’aime plus moi, trop vieux, trop moche, etc…Supplique : Quand reviens-tu ?

La prière du Subh commence à 03h42 demain matin. Le mois de Ramadan 1435 l’interdit... Mon respect s’incline face à mon désir : Dieu l’enverrait-il en enfer si on se voyait tout de même après l’Isha ? De toute façon, j’irai en enfer…déjà parce que je fais ça avec des hommes.


Je lui ai répondu quoi déjà ? Que Dieu ne punirait que ses mensonges. Pas les actes de bien. Aimer est un acte de bien.
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dimanche 29 juin 2014