Souvent les mots ne viennent pas. Une mélodie alors se niche. Les maux ont des sons.
Affichage des articles dont le libellé est Automne 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Automne 2014. Afficher tous les articles
dimanche 21 décembre 2014
samedi 6 décembre 2014
05 - Too fragile...
![]() |
| Jean-Michel Basquiat in 1988 by Dmitri Kasterine |
In 1996, Madonna :
"He
was one of the few people I was truly envious of" . "But he
didn't know how good he was and he was plagued with insecurities. He used to
say he was jealous of me because music is more accessible and it reached more
people. He loathed the idea that art was appreciated by an elite group. When I
heard that Jean-Michel had died, I was not surprised. He was too fragile for
this world."
![]() |
| Madonna chez Basquiat, fin décembre 1982 by Stephen Torton |
Le doute, doublé d'une certitude contraire, engendre bien des fêlures. Quand bien même je parviendrais à détourner le charme, l'autre -- toujours -- m'anéantit. A ses pieds, le monde s'écroule, me fige en plein désarroi. Qu'y puis-je si je me lamente ? Qui ne m'a pas appris à poursuivre mes chemins ? Pourquoi percevoir l'altérité toujours plus valorisante que l'identité ? Basquiat enviait la musique ? Moi, les optimistes. Ceux-là qui avancent. Pétris de certitudes. Malgré tout. Si forts. Puissants.
Sans un regard aux fragiles, cruels.
vendredi 28 novembre 2014
04 - Être au monde *
New-York. Quelque part entre la 14th Rue et
la 2nd Avenue. Manhattan. East Village, donc. Hanté, il éclabousse
les murs de graffs bouleversants, pas encore géniaux qu’il signe SAMO©. Salir des murs
et des pavés de dessins inspirés lui permet de survivre. Une ronde l’oblige à
fuir encore, vers le Nord d’East Village.
Dans cette nuit, un jeune homme aux lunettes
rondes, sort de la School of Visual Arts, sur la 23rd Rue. Peut-être parce qu’il
incarne son désir, laisse-t-il la porte ouverte à un jeune Noir, essoufflé de sa
course. Le lendemain, les murs de l’école sont couverts de graffs. Pour Haring,
SAMO© devient Basquiat.
Ses démons ne le laisseront décidément pas en paix
cette nuit. Sortir de cette école, presser le pas, se rentrer. Nu enfin, apaisé,
peut-être pourra-t-il achever cette toile ? Evacuer, exorciser. Dans ce fatras,
se glisse l’image du jeune homme maigre aux petits yeux myopes. Andy les réunira.
A cet instant précis de 1977, ceux-là qui se croisent
du regard, se voient fulgurants, fugaces, éphémères. Devenir éternel ?
Mourir donc, vite.
Jean-Michel Basquiat (1960-1988), mourra d'une overdose.
*
Keith Haring (1958-1990), du sida.
*"être au monde" est une expression de K. Haring pour définir son rapport au réel.
dimanche 23 novembre 2014
03 - ...et le poids du monde.
Âpre souvenir. Bien-sûr retourner sur place comme une nécessité. Refuser de perdre les fugitifs, les éphémères, les transitoires. Convoquer, provoquer, évoquer, assigner. Les souvenirs épicés de douleurs me piquent les yeux. Au milieu des trois arbres, les feuilles ne sont pas parvenues à conserver ses formes : elles virevoltent, bruissent au gré d'un vent d'automne qui me hait, assurément.
Comment pourrait-il en être autrement, impuissant qu'il est à m'emplir les narines de cette odeur de musc. Âcre souvenir. Le poids du monde pèse lourd. 54 ans maintenant ne suffisent pas pour le supporter.
jeudi 13 novembre 2014
02 - Le bruit des feuilles...
A la nuit qui tombe, les feuilles craquent sous le caoutchouc des pneus de son vélo. Une silhouette issue d'une des cités de la ville, nulle doute là-dessus. 17, 18...peut-être 19 ans. Il s'arrête entre trois arbres. Une méfiance instinctive m'incite à poursuivre le sentier.
Cinquante mètres plus bas, la nuit m'enveloppe définitivement. Il n'a pas suivi. Six minutes après, trop seul, le chemin inverse. Resté aux arbres, son énorme sexe entre ses mains agitées m'aimante. La cigarette éteinte embaume son haleine. Son corps ferme recherche mon plaisir. Et ses mains. Puis sa langue.
A mon seul regard s'offre un monde enfoui sous des gravas sociaux. Son plaisir (ou le mien) atteint, ce corps encore juvénile repartira sous ces décombres. Cet exil culturel m'attriste. Mes narines s'encombrent de cette triste odeur un peu sucrée, parfum sué de la peau lavée du matin. Che-Nen, enivrant, sentait cela aussi. Se prénomme-t-il ? Cela non plus, je ne le saurai jamais.
A mon seul regard s'offre un monde enfoui sous des gravas sociaux. Son plaisir (ou le mien) atteint, ce corps encore juvénile repartira sous ces décombres. Cet exil culturel m'attriste. Mes narines s'encombrent de cette triste odeur un peu sucrée, parfum sué de la peau lavée du matin. Che-Nen, enivrant, sentait cela aussi. Se prénomme-t-il ? Cela non plus, je ne le saurai jamais.
dimanche 2 novembre 2014
01 - Départs
Inconnues, leurs destinations. Ils partent, voilà tout. A peine revus, si peu frôlés, déjà ils partent. Polis certes mais si absents, loins. Pourquoi me parlent-ils puisque je ne les écoute déjà plus. Je sais leurs mots d'avance si vains. Je sais l'issue de nos rencontres, cela m'attriste toujours.
Leurs
odeurs, parfois tenaces, s'entêtent après leur départ. Agréables ou pas,
elles sont les témoins de leur existence. Sans elles, un doute me
rongerait.
Celle de Che-Nen parfois revient à ma mémoire.
Inscription à :
Articles (Atom)










