Quelques
notes de piano comme elle les aimait m'entendre jouer. Devenir musicien
pour elle. Ou acrobate. Ou menuisier. Ou potier. Ou écrivain. Ou
moi-même ? L'enfance s'égare souvent dans le champ des possibles.

La peur me saisit soudain. Bien-sûr des larmes voilent mon regard mais cette main... Cette main tantôt caressante, tantôt hargneuse... Là, ridée, froide, molle. Ses ongles un peu jaunes me grattent la paume, légèrement, amicalement, tendrement. Elle meurt mais encore tente de consoler l'enfant.

Peu
à peu, ses yeux s'éteignent. Elle accepte, soulagée d'un monde
douloureux mais angoissée de m'y laisser seul. Partie, elle me devine nu
comme un ver, exposé. Comment faire ? Retourner les dangers. Exposé ?
Non ! Ouvert. Offert au plus offrant. Amèrement, l'adulte dépiautent les
oripeaux de l'enfance.

2 commentaires:
Beau texte, affleurant la tristesse avec retenue.
Merci beaucoup pour ce compliment. Il me touche d'autant que je tenais à ce que ces mots rendent hommage à celle-là qui m'a élevé à la place de ma mère.
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