Farid ne trouve pas le sommeil, appelle, réclame. Mon corps apaise ses scrupules. Ramasser ces petits cailloux méticuleusement, tout un art vite appris. Ensuite, le temps d'une cigarette, nous parlons. Les mots remplacent le gravier.
Courtes,
les nuits de mon amant : couché tard, levé aux aurores. La fatigue, un
mot banni de son vocabulaire : il n'a que 40 ans. Je lui raconte les
miennes : interrompues, agitées, turbulentes. Exténuantes parfois. Leur
pénible solitude. Mes 50 ans me pèsent. Mais soucieux de ne pas offrir
de ma personne une image trop négative, je parviens à trouver dans cette
noirceur, un petit point lumineux.
Ce rite, établi à la fin de l'été : au réveil, assis au bord du lit, tendre les bras, relever le volet de la chambre. Le regard qui déchiffre peu à peu la cime des arbres, le ciel alors en demi-teinte et trouver des yeux cette étoile qui – elle n'y manque jamais – se place pile-poil à l'angle du toit de cet immeuble. Et ce rendez-vous invariable offre un peu d'apaisement dans ce perpétuel mouvement des choses, des êtres et du monde.
Cette
nécessaire permanence des étoiles, un écho à la rémanence éprouvée une
fois Farid reparti. Il a aimé mon explication puisqu'il a déposé ses
lèvres sur mon front ?
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