samedi 8 octobre 2011

04 - Chair de poule



Après l'amour, Farid s'échoue sur mon côté. Un bras replié, la main sous sa nuque. Son aisselle odorante forme un creux où ma tête trouve sa place. D'ici à quelques instants, nous nous séparerons. Lui sous la douche pendant que -- resté sur le lit -- mon corps tentera de se souvenir de la forme de son sexe en moi.








Une idée lui vient. Il sourit au plafond. Il me trouve peu bavard, très solitaire. Il s'en étonne et s'en amuse. Je l'écoute. Sa voix me résonne dans le crane. J'aime ses graves. Et la futilité de ses mots. Je l'observe, les yeux au ras de sa peau. Il frémit subtilement. Sa peau se granule. Il est très frileux, Farid.
Marocain, tombé ici du haut de ses 13 ans, un 1er janvier. Il me raconte la blancheur de la neige, ses frissons incontrôlables. La désolation qui le noie et l'idée – mentalement formulée en Arabe (il ne parlait pas le Français alors) – que plus jamais il n'aurait à ressentir la chaleur étouffante, si rassurante pour lui, de Selouane.


Aucun commentaire: