La fête tient ses promesses : hommes, musique, lumières, slings, mains glissantes, canapés et matelas accueillants, alcool. Chems pour certains...perso, pas mon trip.
Entre deux performances, repos dans la cuisine : un peu de champagne et beaucoup de bières. Rencontres amicales, à discuter de nos aventures, à faire connaissance avec des inconnus qui vite deviennent des potes. Rires, regards complices et salaces à la fois, ces hommes conquièrent ma sympathie.
Jamais. Jamais ressentie cette étrange atmosphère d'être "chez moi" enfin...nimbé d'une sorte de bienveillance fraternelle, cerné par des semblables. Sans honte aucune. Sans explication inutile. Sans justification marmonnée en excuses.
Avoir attendu si longtemps pour connaître ça ! Ce Nouveau Monde à peine atteint, la peur de le perdre s'installe : je plais malgré mon âge ? je conviens malgré mon refus des chems ? Dans les slings, mes mains guident les leurs au plus profond de mon plaisir mais mes regards plongent dans les leurs, interrogateur, craintif, anxieux d'y percevoir une désapprobation.
Comme souvent dans ces pièges-là, question de survie, mon champ de vision se restreint aux strictes limites des corps immédiats : au delà, noyade certaine. Un équilibre souhaité parfait entre la ré-assurance de soi et la critique supposée des autres.
Et voilà qu'une silhouette de matador, découpée dans l'encadrement d'une porte, m'attire. Comme un rivage inconnu mais salvateur.



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