Une lueur dans la lucarne, du bruit, une vessie exigeante. Le corps est lourd à lever de cette paillasse, équilibré dans l'étroit escalier. Dans la pièce du bas, les slings se balancent vidés d'occupants désormais affalés dans les canapés, ronflant.
Au sortir des toilettes, un homme s'offre à moi. Allongés sur le matelas, nos corps s'enlacent, se pénètrent. Un troisième s'invite. S'impose qui fait s'éloigner le second. La mise à mort commence.
Car c'est bien Lui, le matador, la veille effleuré, qui me conquiert. Le posséder me ravit. Lui aussi, il jouit. Déjà 06h00, la fatigue me pèse. La nuit a été courte, chaotique et ce dernier assaut dans l'arène m'a anéanti.
La route du retour est longue. Un fois mon sac fermé, un café dans la cuisine m'ouvre un peu les yeux. Comme je remonte chercher mon sac, le matador s'affaire à ses affaires, lui aussi s’apprête à repartir.
Son dos ? Sa nuque ? Son odeur ? Son départ ? Notre joute récente ? À demi retourné vers moi une main sur la rampe prêt à le gravir, cette phrase banale au pied de cet escalier banal baigné d'une lumière blafarde. Banalité destructrice : "Ah tu repars ?"


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