Et voilà qu'une silhouette de matador, découpée dans l'encadrement d'une porte, m'attire. Comme un rivage inconnu mais salvateur. Le garçon discute poliment, un verre à la main.
À me rapprocher de lui, sa voix me guide vers le Sud : un accent la rend mélodieusement andalouse. Ni taleguila ni muleta ni machos aux épaules. Son "traje de luces" : un simple slip, des chaussettes grises. On le sent "bien apretado". Peut-être s'est-il préparé seul au miroir pour revêtir ainsi sa jeunesse.
Pour passer l'encadrement, le bout des doigts de ma main gauche effleure son coude. Comme il ondoie légèrement vers l'avant pour céder le passage à mon corps massif, mon regard de vigie se pose sur son épaule gauche... Quelques poils y sont clairsemés. Malgré les fumées et les sons, son odeur l'isole. Un parfum de Nouveau Monde, attirant et inquiétant.
Du coin de l’œil observé, il est un refuge à mes craintes. Son odeur, sa voix, sa grâce me font une digue protectrice. De nouveau confiant en moi, la fatigue me gagne. À l'étage, un lit m'attend. Seul jusqu'à l'aurore.


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